Maroc, à bord du Hollandais ...
Nous sommes entrés par la porte
Méditerranéenne la plus proche, là où le soleil de fin d’après-midi rencontre
la marée montante, juste avant le détroit, c'est à dire Tanger. On a tourné à
droite directement dans le trafic de pointe avec sa cohue et ses ronds points
tricotés très serrés et de suite piqué de travers les chemins de traverses vers
la mer et déniché un parking pour la nuit. On sent tout de suite que le rythme
sera différent du Portugal.
Trois heures après la barre du jour,
direction plein sud vers Fès, mais nous choisirons plutôt Meknès pour sa médina
et son mellah plus modeste.
La route et ses premiers villages
traversés ont étonnamment ravivé par similitudes incertaines des souvenirs de
route d'Amérique Centrale. Mais en ajustant le son et l’arôme, l’image, les
vêtements et l’horizon découpé de minarets, le Maroc se précise. Le
"Rolling Duchtman" piloté avec adresse par Nathalie, s'est glissé
dans les murailles jusqu'au seuil de porte de chez Moulay Ismaïl.
Meknès est aussi une ville royale mais
plutôt en lettre minuscule. Le tourisme plus rare a fait de nous presque les
touristes d'offices à qui marchandises plus ou moins courantes fut offertes.
Nous avons "obviously" accepté le thé chez un marchand de tapis volant
...
Bien repu de souks et de décors, nous
partons vers les Moyens et Haut Atlas. Entre désert de pierraille et forêt de
cèdres, nous croisons en montant les côtes qui descendent vers le sud des
singes magots et plein de chiens au pied de la route qui attendent l’aumône.
Aussi des mules esseulées broutant je ne sais quoi en bordure ... D’ailleurs
cette bordure scintille étonnamment d'improbables reflets blanc et vert tout au
long de la route.
Le ciel est bleu, le mercure descend
doucement, traversant Midelt et ses pommes, on peut traduire sur les panneaux
le mot neige en arabe ... Et on descend toujours vers Merzouga, petite ville
dans l’Erg Chebbi, carré de sable magnifique où les dunes couvrent le paysage,
à la frontière de l’Algérie.
On remarque que les femmes brillent par
leurs absences. Que des hommes, assis, à l’ombre d’un travail en attente, en
vélo-moto-mulet-à pieds au centre de la rue, aux cuisines de bouibouis, aux
souks, au thé à la menthe.
Les chats ont remplacé les chiens, les
dromadaires remplacent les mules, les 4X4 les dromadaires ...
Les rares femmes fuient l’étranger comme
le soleil. Sinon se voilent discrètement le regard en riant. Les enfants jouent
au ballon et plus vieux ils se baladent à vélo côte à côte, se tenant par le
bras. Quelques fillettes jouent à l’élastique ou à la marelle.
Beaucoup de nouvelles constructions dans
des villages pas encore fini qui déjà semblent trop vieilles. Les salutations
et le sourire facile, avenant, ils offrent toujours le thé, préambule à
d'éventuelles négoces.
Pieds nus dans le crépuscule, sur la
crête des dunes encore chaudes de soleil et fraiches d’ombre, les références
disparaissent et s’y perdre devient très probable. On profite du couché de
soleil dans la face et bientôt les étoiles se disputeront à qui brillera le
plus.
Du Mexique au Laos, passant par ici le
Maghreb, les constructions sont similaires. Une ossature de béton armé, où
l’armature se projette vers le ciel pour un futur étage jamais réalisé, mur
comblés de briques ou parpaings, quelques portes et fenêtres sans symétrie,
crépis et enfin coloris, quand ça se rend jusque là ...
Le Maroc possède une concentration
insoupçonnée de Mercedes Benz d’un autre âge. Les hommes portent le chech et
djellaba, pilotent leurs mobilettes en amazone. Les jeunes hommes se couvrent
de Lacoste et Ray Ban en se pavanant.
On roule encore au travers du désert de
pierrailles et les bordures de routes toujours aussi scintillantes au soleil.
Anti-Atlas à gauche, Haut-Atlas à l'autre gauche ...
Des villages féériques en bordure de oued
asséché, ou accroché à flanc de montagne. Palmeraies et oliveraies oasiennes
ajoutent du vert aux tons ocres rouges des vallées, tons que le ciel toujours
si bleu profond fait valoir.
Souks aux marchands accueillants et
accaparants des étourdissantes gorges du Todra ou de la vallée du Dadès et ses
"doigts de singes". Le pays regorge de lieux où l'on imagine les
nomades de partout se réunir. Le calme et la poussière recouvrent le tout.
Traverser l'Atlas vers Marrakech via une
route vertigineuse et toujours scintillante et qui plus est ornée de nopales en
fleurs nous offre des paysages montagneux magnifiques, précipices affolant,
vallée aux coloris étonnant.
Marrakech est un autre Maroc, qui nous
saute aux yeux ... Autant d'odeurs que de couleurs, il y a de bien belles choses.
Malheureusement ici dans la médina, les marchands se font parfois beaucoup trop
insistants.
Curiosités :
- Le nikab porté avec des lunettes.
- Traverser la rue à Marrakech, une
affaire de groupe ...
- Le djellaba n'est vraisemblablement pas
un vêtement de travail, beaucoup le portent ...
- En ville, les rues ont un sens, mais
pas pour tous.
- 6 dans une Renault 4!
Épilogue ...
- Bonjour, on cherche le super marché.
- Bonjour, ça va ? Vous êtes au terminus
d'autobus.
- Oui on sait, pourriez-vous nous
indiquer la direction du super marché?
- Vous voulez un billet de bus pour
voyager ?
- Non, seulement nous orienter vers le
super marché.
- Alors peut-être demain pour un billet ?
- Oui demain peut-être voyager !?!
- Alors à demain. Vous êtes d'où?
- Canadiens, c'est quelle direction
(*bordel*) ???
- Ha! Juste là à droite, cette rue et à
droite juste là, à trois minutes tranquilles, là juste à droite. Qu'il fait
avec la main droite.
- Merci. m'enfin! Trois minutes Marocaines
...


















































