samedi 18 novembre 2017

Maroc 'n roll


Maroc, à bord du Hollandais ... 

Nous sommes entrés par la porte Méditerranéenne la plus proche, là où le soleil de fin d’après-midi rencontre la marée montante, juste avant le détroit, c'est à dire Tanger. On a tourné à droite directement dans le trafic de pointe avec sa cohue et ses ronds points tricotés très serrés et de suite piqué de travers les chemins de traverses vers la mer et déniché un parking pour la nuit. On sent tout de suite que le rythme sera différent du Portugal.

 

Trois heures après la barre du jour, direction plein sud vers Fès, mais nous choisirons plutôt Meknès pour sa médina et son mellah plus modeste.
 
 

La route et ses premiers villages traversés ont étonnamment ravivé par similitudes incertaines des souvenirs de route d'Amérique Centrale. Mais en ajustant le son et l’arôme, l’image, les vêtements et l’horizon découpé de minarets, le Maroc se précise. Le "Rolling Duchtman" piloté avec adresse par Nathalie, s'est glissé dans les murailles jusqu'au seuil de porte de chez Moulay Ismaïl.


 
Meknès est aussi une ville royale mais plutôt en lettre minuscule. Le tourisme plus rare a fait de nous presque les touristes d'offices à qui marchandises plus ou moins courantes fut offertes. Nous avons "obviously" accepté le thé chez un marchand de tapis volant ...

 
Bien repu de souks et de décors, nous partons vers les Moyens et Haut Atlas. Entre désert de pierraille et forêt de cèdres, nous croisons en montant les côtes qui descendent vers le sud des singes magots et plein de chiens au pied de la route qui attendent l’aumône. Aussi des mules esseulées broutant je ne sais quoi en bordure ... D’ailleurs cette bordure scintille étonnamment d'improbables reflets blanc et vert tout au long de la route.

Le ciel est bleu, le mercure descend doucement, traversant Midelt et ses pommes, on peut traduire sur les panneaux le mot neige en arabe ... Et on descend toujours vers Merzouga, petite ville dans l’Erg Chebbi, carré de sable magnifique où les dunes couvrent le paysage, à la frontière de l’Algérie.
 

 
 
On remarque que les femmes brillent par leurs absences. Que des hommes, assis, à l’ombre d’un travail en attente, en vélo-moto-mulet-à pieds au centre de la rue, aux cuisines de bouibouis, aux souks, au thé à la menthe.

 
Les chats ont remplacé les chiens, les dromadaires remplacent les mules, les 4X4 les dromadaires ...

Les rares femmes fuient l’étranger comme le soleil. Sinon se voilent discrètement le regard en riant. Les enfants jouent au ballon et plus vieux ils se baladent à vélo côte à côte, se tenant par le bras. Quelques fillettes jouent à l’élastique ou à la marelle.

Beaucoup de nouvelles constructions dans des villages pas encore fini qui déjà semblent trop vieilles. Les salutations et le sourire facile, avenant, ils offrent toujours le thé, préambule à d'éventuelles négoces.

Pieds nus dans le crépuscule, sur la crête des dunes encore chaudes de soleil et fraiches d’ombre, les références disparaissent et s’y perdre devient très probable. On profite du couché de soleil dans la face et bientôt les étoiles se disputeront à qui brillera le plus.

Du Mexique au Laos, passant par ici le Maghreb, les constructions sont similaires. Une ossature de béton armé, où l’armature se projette vers le ciel pour un futur étage jamais réalisé, mur comblés de briques ou parpaings, quelques portes et fenêtres sans symétrie, crépis et enfin coloris, quand ça se rend jusque là ...

Le Maroc possède une concentration insoupçonnée de Mercedes Benz d’un autre âge. Les hommes portent le chech et djellaba, pilotent leurs mobilettes en amazone. Les jeunes hommes se couvrent de Lacoste et Ray Ban en se pavanant.

On roule encore au travers du désert de pierrailles et les bordures de routes toujours aussi scintillantes au soleil. Anti-Atlas à gauche, Haut-Atlas à l'autre gauche ...

Des villages féériques en bordure de oued asséché, ou accroché à flanc de montagne. Palmeraies et oliveraies oasiennes ajoutent du vert aux tons ocres rouges des vallées, tons que le ciel toujours si bleu profond fait valoir.

 

 
 
 
 
 
 
 
Souks aux marchands accueillants et accaparants des étourdissantes gorges du Todra ou de la vallée du Dadès et ses "doigts de singes". Le pays regorge de lieux où l'on imagine les nomades de partout se réunir. Le calme et la poussière recouvrent le tout.
      
 
      
 
Traverser l'Atlas vers Marrakech via une route vertigineuse et toujours scintillante et qui plus est ornée de nopales en fleurs nous offre des paysages montagneux magnifiques, précipices affolant, vallée aux coloris étonnant.
 

 

Marrakech est un autre Maroc, qui nous saute aux yeux ... Autant d'odeurs que de couleurs, il y a de bien belles choses. Malheureusement ici dans la médina, les marchands se font parfois beaucoup trop insistants.
 




 
 
Curiosités :

- Le nikab porté avec des lunettes.

- Traverser la rue à Marrakech, une affaire de groupe ...

- Le djellaba n'est vraisemblablement pas un vêtement de travail, beaucoup le portent ...

- En ville, les rues ont un sens, mais pas pour tous.

- 6 dans une Renault 4!

 

Épilogue ...

- Bonjour, on cherche le super marché.

- Bonjour, ça va ? Vous êtes au terminus d'autobus.

- Oui on sait, pourriez-vous nous indiquer la direction du super marché?

- Vous voulez un billet de bus pour voyager ?

- Non, seulement nous orienter vers le super marché.

- Alors peut-être demain pour un billet ?

- Oui demain peut-être voyager !?!

- Alors à demain. Vous êtes d'où?

- Canadiens, c'est quelle direction (*bordel*) ???

- Ha! Juste là à droite, cette rue et à droite juste là, à trois minutes tranquilles, là juste à droite. Qu'il fait avec la main droite.

- Merci. m'enfin! Trois minutes Marocaines ...  








5 commentaires:

  1. merci de partager et de nous faire voyager en photo qui son magnifique Serge

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  2. Merci à vous deux et bon retour Denis. xxx

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  3. Très beau blog. Donne une excellente idée de votre voyage.Photos splendides.Merci

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  4. Photos magnifiques, un bel aperçu d'un autre fabuleux voyage...à faire rêver, merci de partager, Linda xxx, Ciao!

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